| Toute nouvelle menace
ou agression rendrait évidemment la démarche caduque,
car dès que vous avez peur, vous ne pouvez plus vous exprimer
librement et faire valoir votre point de vue.
2 VOUS NE SUPPORTEZ PLUS LA
VIOLENCE,
mais vous craignez d'en parler, vous avez
des difficultés à agir, vous ne savez que faire.
Vous avez perdu confiance en vous, vous vous
sentez impuissante, vous avez peur et honte. Des sentiments et désirs
contradictoires vous animent et vous n'arrivez pas à prendre
une décision.
Vous vous sentez prise au piège.
C'est une des conséquences de
la violence.
Vous avez besoin de prendre de la distance
pour vous retrouver et faire le point. Sachez
qu'il est très difficile d'y voir clair sans s'éloigner,
au moins momentanément.
Vous vous sentez seule.
Vous avez l'impression que personne ne peut comprendre
ce que vous vivez. Pourtant il existe des services spécialement
destinés à venir en aide aux personnes dans votre
situation.
Parlez, demandez de l'aide !
Que vous souhaitiez ou non vous séparer,
vous pouvez contacter un de ces centres où, en toute confidentialité, vous serez écoutée, conseillée
et orientée. Vous y recevrez des renseignements sur vos droits
et une aide pour des démarches si vous le désirez.
Si vous n'êtes pas prête à faire ce pas, rompez
au moins votre isolement en parlant à quelqu'un-e de votre
entourage en qui vous avez confiance (ami-e-s, famille, collègues,
voisin-e-s).
Ne restez pas seule avec votre peur et votre
souffrance.
3 VOUS NE SUPPORTEZ PLUS LA
VIOLENCE
et vous souhaitez une intervention extérieure
dans votre couple.
C'est le rôle de la Justice.
Vous pouvez demander que soient réglées certaines
modalités de votre mariage, soit en continuant à vivre
avec votre mari, soit en vivant séparé-e-s.
Ce sont les mesures
protectrices de l'union conjugale que
vous pouvez demander au/à la juge du Tribunal de première
instance. Il est préférable de le faire avec l'assistance
d'un-e avocat-e.
Si vous continuez à vivre avec votre
mari, ces mesures fixent les contributions
financières qu'il doit vous verser pour l'entretien de la
famille. Le/la juge peut prendre diverses décisions comme
ordonner à l'employeur de votre mari de vous verser directement
tout ou partie de son salaire. Il peut également faire bloquer
des comptes bancaires, etc.
Si vous choisissez de vivre momentanément
séparée de votre mari (la
loi ne fixe aucune limite de temps), vous pouvez notamment demander
au/à la juge de vous attribuer le logement, la garde des
enfants et des contributions à l'entretien.
4 VOUS VOULEZ VOUS SEPARER,
provisoirement ou définitivement.
Vous ne supportez plus la violence. Vous avez besoin d'un temps
de répit et de réflexion ou vous avez déjà
décidé de vous séparer définitivement.
Sachez que
Vous avez le droit de quitter le domicile
conjugal en cas de violence contre vous
ou vos enfants (art. 175 du Code civil). Il n'est pas nécessaire
de signaler votre départ au commissariat de police ni de
demander l'autorisation du/de la juge. On ne pourra pas vous le
reprocher par la suite.
Vous avez aussi le droit de rester.
Vous pouvez demander l'attribution du domicile
conjugal dans une procédure. En cas de danger, il est toutefois
vivement conseillé de vous mettre à l'abri en attendant
que la Justice statue.
Où aller?
Vous pouvez trouver refuge chez
des parents, des ami-e-s, dans un foyer d'hébergement (voir
répertoire d'adresses) ou ailleurs,
à votre convenance. Si vous en avez les moyens, vous pouvez
également vous réfugier à l'hôtel.
Si vous ne savez pas où aller,
contactez Solidarité Femmes ou le Centre LAVI qui vous aideront
à trouver un hébergement, même si vous n'avez
pas d'argent ou pas de permis de séjour. |