| LA POURSUITE D'OFFICE
ET LES PROCEDURES JUDICIAIRES
Ce chapitre traite de divers aspects juridiques
utiles à connaître:
1 LA POURSUITE D'OFFICE
2 LA PLAINTE
3 SE CONSTITUER PARTIE CIVILE
4 L'AVOCAT-E ET L'ASSISTANCE JURIDIQUE
1 LA POURSUITE D'OFFICE
La violence conjugale est poursuivie d'office:
il suffit qu'elle soit connue de l'autorité
(police, Procureur général) pour qu'une poursuite
s'enclenche contre l'auteur des violences.Toutefois,
sur votre demande ou avec votre accord, et s'il s'agit de lésions
corporelles simples, de voies de fait réitérées,
de menaces ou de contrainte, l'autorité judiciaire pourra
suspendre la poursuite pour une durée de 6 mois. A cette
échéance, si vous n'avez pas demandé la reprise
de la procédure, celle-ci sera close (sauf recours). S'il
s'agit de contrainte sexuelle ou de viol conjugal, la suspension
de la poursuite n'est pas possible.
2 LA PLAINTE
Comme indiqué précédemment,
une poursuite pénale peut être enclenchée sans
plainte de la victime. Toutefois, le fait de déposer
une plainte vous permet de vous constituer partie civile, ce qui
vous donne des droits dans la procédure (voir "Se
constituer partie civile").
Comment porter plainte ?
Vous avez 3 mois pour
porter plainte, depuis la date de la dernière agression.
Vous pouvez le faire de deux manières:
Auprès de la police,
en vous rendant à n'importe quel poste de police de quartier
ou à la police judiciaire au 17-19 boulevard Carl-Vogt, de
préférence sur rendez-vous. Vous avez le droit de
vous faire accompagner par une personne de confiance de votre choix
(ami-e, parent, personne du centre
LAVI, par exemple).
Il est recommandé d'apporter vos moyens de preuve si vous
en avez (constat médical, photos, etc.). Indiquez aussi les
noms d'éventuelles témoins. La police est tenue d'enregistrer
votre plainte. Notez le nom de la personne qui vous a entendue,
vous pourrez ainsi la recontacter si nécessaire.
Auprès du Procureur général,
en lui adressant votre plainte par lettre recommandée à
l'adresse suivante:
Procureur Général
Palais de Justice
Place du Bourg-de-Four 1
Case postale 3565
1211 Genève 3
Que mettre dans sa plainte ?
La plainte doit être simple, précise
et détaillée. Indiquez:
vos noms et adresse, ainsi que ceux de votre agresseur et des
éventuel-le-s témoins
les faits tels qu'ils se sont produits (actes commis, date, heure,
lieu). Joignez les documents de preuve si vous en avez: constats
médicaux, photos, etc.
Pour la rédaction de votre plainte,
vous pouvez vous faire aider par le centre
LAVI, une consultation juridique (voir répertoire) ou un-e
avocat-e. Retirer ou suspendre
sa plainte?
Vous pouvez être tentée de retirer
votre plainte, particulièrement à la suite de promesses
ou de menaces de votre partenaire. Tant que le jugement n'a pas
été prononcé, vous avez le droit de le faire.
Suspendre sa plainte
Pour les infractions poursuivies d’office
vous pouvez demander que la procédure soit suspendue. Vous
gardez le droit de la réactiver si nécessaire, mais
dans les six mois au plus tard. Au-delà, seules les autorités
décideront ce qu’il conviendra de faire de la procédure.
En cas de nouvelle violence, et de nouvelle plainte, l’agresseur
sera considéré comme récidiviste.
La suspension consiste en quelque sorte à "geler"
la plainte. Adressez votre demande au magistrat (Procureur général
ou juge d’instruction) qui est en charge de la cause.
Quelle que soit l'issue de votre plainte,
n'hésitez pas à en déposer une autre en cas
de nouvelle agression. Ne vous laissez ni décourager ni intimider.
Que se passe-t-il après le dépôt
d'une plainte?
La police convoquera votre agresseur et entendra
sa version des faits. Elle procédera aux recherches et aux
constatations utiles. Elle dressera ensuite un rapport écrit
qu'elle transmettra au Procureur général (Parquet).
Celui-ci l'examinera et décidera de la suite à lui
donner (poursuites ou classement).
Que devient ma plainte?
Vous pouvez téléphoner au policier
ou à la policière qui l'a enregistrée. Si elle
a déjà été transmise au Procureur général
(Parquet), vous pourrez obtenir des renseignements au greffe du
Parquet (place du Bourg-de-Four, 3ème étage), munie
d'une pièce d'identité.
Quelles décisions peut prendre le Procureur
général ?
Le classement
Immédiatement ou après enquête
de la police, le Procureur général peut décider
de ne pas donner suite à la plainte, lorsque, par exemple:
- les preuves de violences sont insuffisantes (l'accusé est
toujours présumé innocent, c'est à la plaignante
de prouver la réalité des faits si ceux-ci sont contestés);
- les faits ne constituent pas une infraction
ou ne justifient pas une poursuite.
Recours
Si vous n'êtes pas d'accord, demandez la
notification écrite de la décision de classement. Vous pourrez alors recourir dans le
délai de 10 jours auprès de la Chambre d'accusation (Palais de Justice, place du Bourg-de-Four 1, Case postale 3565,
1211 Genève 3). Il est vivement recommandé de faire
rédiger le recours par un-e avocat-e.
L'ordonnance de condamnation
Si les faits sont suffisamment établis,
le Procureur général peut rendre une ordonnance de
condamnation.
L'instruction
Si l'enquête préliminaire doit être
approfondie, le Procureur général transmet le dossier
au/à la juge d'instruction, qui, après inculpation
et enquête, peut rendre une ordonnance de condamnation ou
renvoyer le dossier au Procureur.
Le renvoi devant un tribunal compétent
Selon la gravité des faits, le Procureur
général peut renvoyer directement l'auteur de l'infraction
devant le Tribunal de Police ou devant la Cour d’assises ou
la Cour correctionnelle via la Chambre d'accusation.
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